Culture et Développement

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Organisation non gouvernementale de coopération culturelle (depuis 1962)
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Les Passeurs de livres de Daraya

22 juin 2018

Dans ce nouvel ouvrage Delphine Minoui nous entraîne dans une étonnante enquête au cœur de la guerre en Syrie pour découvrir une bibliothèque secrète ouverte par de jeunes activistes rebelles, opposés au régime en place. Entre les bombardements du régime on entrevoit la vie de ces jeunes créateurs emplis d’humanité à qui les livres ont redonné espoir.

Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd’hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne.

Pour en savoir plus :

Résumé du livre

De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Autres œuvres de Delphine Minoui

Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet)

Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon)

Tripoliwood (Grasset)

Je vous écris de Téhéran (Seuil)

Du 28 juin au 8 juillet, célébration de l’art en Afrique du Sud

15 juin 2018

Le Festival National des Arts en Afrique du Sud est un événement culturel majeur dans le pays ainsi que la célébration annuelle la plus importante dans le domaine des arts en Afrique. Il se déroule dans la petite ville universitaire de Grahamstown située au Cap Oriental pour une durée de 11 jours.

Organisé par l’équipe du Festival National des Arts, l’événement le plus grand et coloré du continent offre une panoplie d’excellence des talents locaux et internationaux. Chaque année durant 11 jours, la population de Grahamstown double, des milliers de personnes venant découvrir les arts et l’artisanat présentés. Le festival organise plus de 600 représentations comprenant de l’opéra, des cabarets, du jazz, des concerts et des shows humoristiques.

La programmation du festival comporte des arts du spectacles (théâtre, danse, comédies et concerts), des expositions d’art, des films, des ateliers et des conférences, une foire artisanale et des visites touristiques de la ville. Un festival des arts pour les enfants est également organisé ainsi que d’autres événements en parallèle dans la petite ville universitaire tel que le National Youth Jazz Festival.

Pour plus d’information sur l’événement et découvrir la programmation du festival, suivez ce lien:

https://www.nationalartsfestival.co.za/wp-content/uploads/2017/05/Main-Programme-21_05.pdf

 

FLIP, la fête internationale de la littérature à Paraty au Brésil

15 juin 2018

Du 25 au 29 juillet prochains se déroulera dans la ville de Paraty au Brésil la fête internationale de la littérature. Il s’agit d’un événement unique qui met la littérature brésilienne et internationale au coeur des échanges. La FLIP, communément appelée ainsi en portugais, est une manifestation culturelle majeure au Brésil.

Des rencontres littéraires sur les berges du fleuve Perequê-Açu

Chaque année, des auteurs se réunissent dans le cadre de ce festival pour échanger sur des thèmes aussi variés que le théâtre, le cinéma et la science. FLIP offre une programmation à l’image de ses principes fondamentaux, à savoir l’originalité, l’intimité, l’informel et le singulier. Les activités combinent de la littérature pour les enfants, des performances, tables rondes, débats et expositions. Chaque édition rend hommage à un auteur brésilien, une manière de préserver, perpétuer, diffuser et valoriser la langue portugaise et la littérature brésilienne. Cette année, c’est l’auteure Hilda Hilst qui sera mise à l’honneur. 

En parallèle de l’événement, des projets éducatifs sont menés. Pour cet année 2018, un travail sera élaboré avec des écoles et bibliothèques de la ville de Paraty. La thématique traitée se réfère à des sujets de mémoire, d’identité, de patrimoine et de territoire. La production culturelle élaborée par les enfants et les jeunes sera présentée à un comité de l’UNESCO qui visitera la ville en septembre, au sujet de la candidature de la ville de Paraty au Patrimoine de l’Humanité.

Les revendications des talentueuses artistes de Guinée Equatoriale

14 juin 2018

De  jeunes femmes choisissent l’art comme moyen d’expression et de revendication en Guinée Equatoriale. Focus sur ces nouveaux talents à l’avenir prometteur.

Quoi de mieux que de monter sur scène pour exprimer ses revendications et briser les traditions qui affectent l’émancipation des femmes ? Ce moyen d’expression à travers la musique, plusieurs artistes équato-guinéenne le pratique. De Nelida Sarr à Patrima, en passant par Las Hijas Del Sol à Betty Akna, la scène musicale féminine du pays regorge de talent.

Nelida Sarr, où comment chanter son identité

La jeune artiste s’est fait connaître très rapidement dans son pays natal, ayant baigné dans un univers musical depuis son enfance. Auteur, compositrice et interprète, Nelida Sarr a pu parcourir le monde et chanter son identité et sa culture équato-guinéenne. Sa musique s’inscrit dans des sonorités africaines, du jazz, de la soul et du gospel.  Nelida Sarr souhaite, à travers sa musique, faire découvrir la culture de son pays natal qui reste à ses yeux très peu connue à l’international. Elle déplore d’ailleurs l’uniformisation culturelle et l’omni-présence d’une culture de masse venu d’ailleurs.

 

Patrima, entre musique traditionnelle et éveil des consciences

L’artiste engagée Patrima chante et exprime les frustrations des femmes équato-guinéennes sous des airs de machacando, une musique traditionnelle locale. A travers sa musique, Patrima souhaite défendre la cause des femmes et raconter les conditions de vie difficiles de ces dernières dans son pay natal. Elle dénonce par exemple la polygamie et les conséquences négatives que cette pratique génère chez les femmes. Tout comme Nelida Sarr, la chanteuse africaine souhaite transmettre et diffuser son identité culturelle, estimant “qu’il est temps de faire valoir [notre] vraie culture auprès des jeunes”.

Article source:

https://www.musicinafrica.net/fr/magazine/les-femmes-dans-la-musique-en-guinee-equatoriale?utm_source=newsletter_246&utm_medium=email&utm_campaign=music-world-news

Le Burkina Faso présent aux Journées Européennes du Développement

14 juin 2018

Les 5 et 6 juin derniers se sont déroulés à Bruxelles les Journées Européennes du Développement, regroupant une multitude d’acteurs politiques et culturels du développement international. L’ONG Culture et Développement, en partenariat avec 6 autres organismes, a tenu une conférence avec des intervenants de haut niveau, dont le Ministre de la culture du Burkina Faso, Mr Adboul Karim Sango.


“Le patrimoine culturel et la créativité féminine”

La délégation burkinabè a pu participer à l’événement spécial organisé par Culture et Développement, intitulé “le patrimoine culturel et la créativité féminine”. Des intervenants de haut niveau ont mené le débat pendant plus d’une heure sur les problématiques de genre dans le domaine culturel. Le Ministre de la Culture, Abdoul Karim Sango a pu intervenir sur cette problématique aux côtés de son homologue cubain, Abel Prieto ainsi que du Directeur Général de la Coopération Internationale et du Développement à la Commission Européenne, Stefano Manservisi, de l’assistant Directeur Général  du département Afrique à l’UNESCO, Edouard Matoko, de l’artiste belge-congolaise Marie Daulne, alias Zap Mama et d’une membre de l’organisation internationale ICOMOS, Teresa Patricio.

C’est ainsi que le ministre burkinabé a déclaré que les femmes devaient être “au coeur de la question culturelle” et que “plus que les mots, les actes sont importants”. Le ministre a également souligné la principale difficulté des femmes à avoir accès aux ressources économiques et a insisté sur leur rôle majeur dans la transmission des valeurs culturelles. Enfin, Mr Abdoul  Karim Sango a pu évoquer l’implication du gouvernement burkinabé dans le développement culturel, notamment par la mise en place du festival international de cinéma FESPACO, prévu pour 2019 à Ouagadougou.

 

Présentation de l’initiative Ethical Fashion

Lors de cet événement, le Directeur Général de la Coopération Internationale et du Développement à la Commission Européenne, Stefano Manservisi, ainsi que le Ministre Abdoul Karim Sango, ont pu présenté brièvement le succès du projet Ethical Fashion, soutenu par l’Union européenne.

L’initiative Ethical Fashion consiste à la mise en réseau de communautés d’artisans marginalisées ainsi que de designers des pays en développement avec des grandes marques internationales de la mode. En produisant pour ces marques, les artisans et micro-entrepreneurs peuvent améliorer leur condition de vie à travers un travail éthique, qui met en valeur leur identité et leur patrimoine.

Depuis son lancement au Kenya en 2009, l’initiative a pu voir le jour dans d’autres pays dont le Burkina Faso.  L’initiative a permis de créer de nombreux emplois au Burkina Faso,un pays comportant une tradition textile importante, le faso danfani. Stefano Manservisi affirme que la valeur ajoutée de ce projet réside dans la “préservation des cultures et la reproduction des identités” et qu’il permet de générer “de la cohésion sociale et de la durabilité pour les communautés en leur donnant plus de pouvoir et un rôle de leader dans la transformation économique et sociale du Burkina.”

Plan stratégique de développement culturel du Département de Kédougou adopté en 2017 : où en est-on ?

24 mai 2018

Maroufou Touré, élu référent à la culture au conseil départemental de Kédougou fait le bilan de cette première année :

« Afin d’améliorer la connaissance du terrain, des enquêtes ont été menées de manière participative et inclusive pour commencer à faire l’inventaire du patrimoine matériel et immatériel du territoire. Cela permet également de remarquer les limites et difficultés rencontrées par le secteur : manque d’infrastructures, faible niveau de professionnalisation, disparition des savoirs traditionnels, difficultés d’accès au financement… Pour renforcer la connaissance du territoire, des concertations multi-acteurs et rencontres ont été mises en place. Il n’y a pas de réseau actuellement, mais ce serait intéressants d’aller dans ce sens. Pour le moment, il s’agit en priorité de communiquer autour du plan stratégique de développement culturel. Des rendez-vous de sensibilisation ont été mis en place. Pour une large diffusion, le département compte maintenant se déployer dans les sept communes qui le composent. »

En ce moment :

- Le conseil départemental de Kédougou, avec l’appui du conseil départemental de l’Isère et Culture et Développement, définit son planning pour le second semestre 2018 et l’année 2019, et fixe ses objectifs d’actions.

- Afin de renforcer les capacités des agents et élus dans la mise en oeuvre du plan stratégique, des sessions de formation sont organisées par Culture et Développement à Dakar pendant le mois de juillet 2018.

Le Patrimoine africain et son développement durable

7 mai 2018

L’action de l’UNESCO en faveur de l’Afrique s’appuie sur deux piliers: la consolidation de la paix par le développement de sociétés inclusives et le renforcement des capacités en vue d’éradiquer la pauvreté et de promouvoir le développement durable.

Au vu de ces objectifs et de l’évolution rapide de l’économie dans les pays en développement, ce numéro de Patrimoine Mondial porte sur le patrimoine africain et son développement durable. Il nous emmène à la découverte de différents sites au Zimbabwe, en Ouganda, au Tchad, au Mali et en Côte d’Ivoire.

Ce numéro comprend, par ailleurs, une entrevue avec M. Webber Ndoro, Directeur du Fonds pour le patrimoine mondial africain (AWHF), organisation intergouvernementale qui oeuvre pour la conservation et la protection efficaces du patrimoine culturel et naturel africain de valeur universelle exceptionnelle.

Pour en savoir plus:

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ouvrages/8424499000426-le-patrimoine-africain-et-son-developpement-durable#book_presentation

 

SouthMed WIA: un programme pour l’égalité des genres dans l’audiovisuel

7 mai 2018

Le programme, co-financé par l’Union Européenne, vise à lutter contre les stéréotypes de genre et la sous-représentation des femmes dans le secteur audiovisuel de plusieurs pays sud-méditerranéens. 

L’objectif de ce programme international est de renforcer les capacités des partenaires locaux du projet et de contribuer au développement durable et à la diversité culturelle à travers l’amélioration de l’image de la femme dans le milieu audiovisuel. Commencé en février 2017, le projet doit durer 30 mois et se doit de “renforcer le pouvoir des femmes devant et derrière la caméra.” Il concerne l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie.

Le programme est axé sur trois objectifs à atteindre dans les sept pays participant au programme.  Il s’agit d’améliorer l’image de la femme à travers le financement de projets locaux, de renforcer les capacités des femmes sur la défense de leurs droits et de sensibiliser la population à cette thématique.

Dans le cadre du programme, des ateliers sont prévus lors de rencontres internationales, dont la dernière a eu lieu les 16, 17 et 18 avril à Barcelone. Plusieurs appels  à proposition constituent le programme, dont le montant des subventions s’élève de 80.000 à 100.000 euros. Il s’agit du financement de projets de recherche, de formation, de sensibilisation et de mobilisation au sujet de l’égalité des genres dans le milieu audiovisuel des pays concernés.

SouthMed WIA est dirigé par un ensemble de structures, notamment Interarts en Espagne, l’Ecole Supérieure de l’Audiovisuel et du Cinéma en Tunisie, Culture et Media Agency Europe en Belgique, la Coopération Audiovisuelle Méditerranéenne en Italie et l’institut de l’écran à Beyrouth au Liban.

Le site officiel du programme: http://www.smedwia.eu/en/home/ 

Re-penser les politiques culturelles, le nouveau rapport de l’UNESCO

4 mai 2018

Le rapport mondial 2018 de l’UNESCO sur la Convention de 2005 instaurant la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est disponible depuis ce début d’année. Il fait un état des lieux, quatre ans après une première parution, des politiques culturelles du monde.  

La Convention de 2005 portant sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a été signé par 146 pays. Ce rapport évalue donc, dans le cadre des objectifs de développement durable d’ici à 2030, les progrès établis et les points à améliorer suite à l’établissement de la Convention dans les pays signataires.

Ce rapport analyse donc les différents changements politiques et sociaux au niveau mondial et national qui se sont produits depuis l’établissement de la Convention. Il propose également un ensemble de recommandations pour améliorer certaines politiques culturelles. Sont soulignées l’importance de la promotion des diversités culturelles et des notions d’innovation et de créativité. Plusieurs constats sont établis dont les déséquilibres persistants dans la circulation des biens et services culturels, la nécessaire intégration du développement durable dans les politiques culturelles ou encore l’absence majeure de politiques “genrées” dans le secteur culturel.

Le cinéma africain s’impose au festival de Cannes 2018

4 mai 2018

La réalisatrice Wanuri Kahiu

Du 08 au 19 mai prochain se déroulera la  71éme édition du festival de Cannes, avec une présence notable de réalisateurs africains et orientaux, notamment dans la section parallèle Un Certain Regard.

Un Certain Regard, la section originale et audacieuse du festival

La section Un Certain Regard est intégrée à la programmation du festival depuis 1978, avec pour finalité d’ouvrir le festival à des artistes moins connus et des réalisations plus originales et controversées. Cette année, l’acteur portoricain Bénicio del Toro sera le président du jury de la section, qui comporte une vingtaine de long et court métrages confondus.

Cette section ouvre donc les portes du cinéma “de prestige” à des réalisateurs de tout horizon. L’édition 2018 du festival donne une place plus importante au cinéma africain et oriental, avec notamment la présence de l’Egyptien A.B. Shawky, le Sud-Africain Etienne Kallos, la Franco-Marocaine Maryem Benm’Barek et la Kenyane Wanuri Kahiu. Les réalisations présentées traiteront de thèmes variés et engagés, comme le récit de la vie d’un lépreu en Egypte, l’histoire d’une mère célibataire au Maroc, ou encore l’histoire d’amour de deux jeunes filles au Kenya.

Le film Rafiki de Wanuri Kahiu, sélectionné à Cannes, censuré au Kenya

Protagonistes du film Rafiki

Parmi les noms du cinéma africain participant au festival, Wanuri Kahiu s’impose comme la réalisatrice engagée à travers son film Rafiki. Il s’agit du premier film kenyan à participer au Festival de Cannes en tant que sélection officielle de la section Un Certain Regard.  Le long-métrage met en scène une histoire d’amour entre deux jeunes filles à Nairobi et illustre le contexte culturel, politique et social auquel les protagonistes doivent faire face pour s’aimer librement.

Le film a été censuré dans le pays natal de la réalisatrice, où l’homosexualité reste encore tabou et interdite. Les autorités kenyanes ont estimé que le film faisait la promotion de l’homosexualité et était contraire aux valeurs du peuple kenyan. Wanuri Kahiu souhaite, à travers ce film, exprimer son aspiration pour une expression libre du choix sexuel et espère que “le film crie haut et fort ce que des voix ont dû taire”.


Pour aller plus loin:

La Biennale de Dakar: vitrine du dynamisme de l’art africain

4 mai 2018

La 13éme biennale de l’art africain contemporain se déroule à Dakar du 3 mai au 2 juin prochain. Cette année, l’événement est teinté de la couleur rouge, en référence à une pièce du célèbre père de la Négritude Aimé Césaire. La diversité de l’art africain est exposée, débattue et mise en  valeur à travers ce rendez-vous incontournable au Sénégal. 

“L’heure rouge” pour cette 13éme édition

Chaque biennale de l’art à Dakar incarne une couleur spécifique et cette année, c’est le rouge qui est au rendez-vous. Le choix de cette couleur s’inspire de “l’Heure rouge”, extrait d’une pièce du grand poète Aimé Césaire. Une pièce qui parle d’émancipation, de liberté et de responsabilité quant à la destinée africaine.

Plus de 75 artistes venant de 33 pays du monde seront présents lors de l’événement et exposeront leurs œuvres à l’Exposition internationale. Les rencontres et échanges porteront sur le thème de l’art contemporain africain et la transformation des cadres intellectuels normatifs. 

Un événement symbolique d’une Afrique créative et innovante

La Biennale de Dakar, ou le Dak’art, a pour objectif de promouvoir la diversité de l’art africain et de favoriser l’émergence d’un marché de l’art continental. Il s’agit de l’un des dix meilleurs événements culturels du continent qui reste symbolique d’une Afrique créative et innovante.

Organisée par le Ministère de la Culture, la Biennale de Dakar consiste d’une exposition internationale, de temps d’échanges et rencontres, de débats et réflexions sur l’émergence de l’art africain.

Le Dak’art, c’est aussi le “Dak’art OFF”, des manifestations artistiques organisées autour de l’événement central qui favorisent l’appropriation de la manifestation par les populations, avec l’installation de “Barak” dans chaque commune de la capitale où les habitants pourront exercer, découvrir et s’approprier l’’art.


télécharger le dossier de presse: http://biennaledakar.org/wp-content/uploads/2018/04/DAKART-2018-dossier-presse-FR-V6.pdf

La diversité culturelle comme fil rouge pour le festival Regards Croisés

2 mai 2018

Le festival Regards Croisés, organisé par le collectif grenoblois Troisième Bureau, se déroulera du 23 au 29 Mai. Il s’agit du rendez-vous annuel des écritures théâtrales, dont le thème central pour cette année est la diversité culturelle symbolisée par la présence d’auteurs internationaux et une programmation éclectique. 

L’événement fort du Collectif artistique de théâtre Troisième Bureau

Le Collectif Troisième Bureau est un comité d’auteurs et autrices, de comédiens et comédiennes, de traducteurs et traductrices passionnés par les écritures théâtrales contemporaines. Le collectif organise notamment des lectures et des ateliers de théâtre avec des publics cibles, principalement étudiants. Chaque année est organisé le festival des Regards Croisés, qui réunit des auteurs des quatre coins du monde. Des résidences d’écritures sont mises en place dans le cadre du festival ainsi que des séances de lecture et de mise en scène. Lors des soirées lectures, les auteurs des textes choisis sont présents afin de rencontrer et d’échanger avec le public, mais ce sont bien souvent les membres du collectif Troisième Bureau qui interprètent les textes.

Une édition qui s’annonce engagée, dissidente et passionnante

Pour cette 18éme édition, vingt auteurs seront présents, dont l’écrivaine engagée Marine Bachelot Nguyen au côté de Bérénice Hamidi-kim et Penda Diouf pour une table-ronde sur le thème des enjeux de la diversité culturelle. Marine Bachelot Nguyen est membre des collectifs H-F et Décoloniser les Arts, symboliques de la pluralité des genres et cultures et de la lutte pour une représentation équitable des artistes dans le monde. Il s’agira, à travers cette table ronde, d’évoquer la persistance de l’imaginaire colonial dans le domaine du théâtre et de son trop-plein d’uniformité. Des lycéens de la métropole grenobloise participeront également aux ateliers en interprétant des textes de certains auteurs.

A travers la thématique de la diversité culturelle, le festival des Regards Croisés souhaite contribuer à la digne représentation des artistes aux origines africaines, orientales et asiatiques dans le domaine du théâtre et de l’écriture. Seront présents également des auteurs africains tels que Kouam Tawa pour des rencontres croisées sur ces thématiques. Du Congo à l’Angleterre, du Cameroun aux Etats-Unis en passant par la Catalogne, le festival s’annonce riche de couleurs, d’idées et de réflexion sur le monde contemporain.   

Les représentations et temps d’échange auront lieu au nouveau théâtre Sainte-Marie d’En Bas à Grenoble. Elles sont ouvertes à tout type de public et sont à prix libre.

Qu’en est-il des restitutions d’oeuvres africaines?

2 mai 2018

Le projet de loi sur les restitutions d’œuvres africaines annoncé par Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou soulève de nombreuses questions quant à sa réalisation effective et les modalités de mise en œuvre de ce projet historique.

Cette volonté louable de restituer le patrimoine africain à ses terres d’origines devra aborder plusieurs points épineux avant de voir réellement le jour, notamment l’opposition des directeurs des musées de grandes collections, mais aussi les problématiques des  conditions nécessaires à la restitution, du changement de la loi française et de la réponse à de nombreuses questions d’ordre éthique, historique et diplomatique.

Ce projet exceptionnel ne devrait concerner que les œuvres africaines pillées lors de la période coloniale, principalement aux XIX et XX siècles. Le continent africain fait en effet mesure d’exception quant à la préservation de son patrimoine: la plupart de ses œuvres se situent en dehors de ses frontières.

Cette décision portée par le président français Emmanuel Macron reste symbolique, bien que controversée. Elle souligne une véritable volonté de mettre fin à l’ère du post-colonialisme en délivrant à l’Afrique son histoire volée. Il s’agit d’une décision historique et diplomatique qui cependant correspond  peu à l’image des orientations politiques de la France vis-à-vis de l’Afrique. Ce projet reste toutefois remarquable et pourrait habiller d’un nouveau jour les futurs relations diplomatiques entre la France et le continent africain.

En Mars dernier, le chef d’Etat français a nommé deux experts pour étudier le projet dans les années à venir. Bénédicte Savoy, historienne de l’art et Felwine Sarr, écrivain et universitaire, seront chargés de répondre aux différentes problématiques que soulève le projet et de trouver des points d’entente avec les acteurs concernés. La remise d’un rapport comprenant des propositions concrètes d’action réalisables à court, moyen et long terme est notamment attendue en novembre.

Pour le moment, seul le Bénin a fait une demande de restitution d’œuvres, et ce avant les déclarations du gouvernement français. Le projet de loi devrait toutefois concerner de nombreux pays puisque certains musées français contiennent  plus de 70.000 objets venant de l’Afrique subsaharienne, pour ne citer que le Quai Branly à Paris.

Le projet de restitution des œuvres africaines prendra également place dans le cadre de la saison des cultures africaines en France en 2020, annoncée par Emmanuel Macron lors de son discours à Ouagadougou. Et ce dernier de conclure lors de ce désormais célèbre discours: “L’histoire de l’Afrique ne peut pas être seulement écrite par des spécialistes européens de l’Afrique, il convient de valoriser, de poursuivre et d’aider au parachèvement d’une histoire de l’Afrique écrite par les Africains.”

 

La France prévoit d’augmenter ses aides publiques au développement

27 avril 2018

Le gouvernement français souhaite augmenter la part de l’Aide Publique au Développement dans le PIB de façon progressive durant le quinquennat. De 0.44, elle devrait passer à 0.55% en 2022, un chiffre qui reste toutefois loin des objectifs de 0.7% fixés par l’OCDE.

Six mois après le discours d’Emmanuel Macron le 28 novembre dernier à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, où il posait les bases de la politique diplomatique que la France développera durant les prochaines années du quinquennat, le gouvernement réinvestit l’attention de tous sur la diplomatie française en annonçant un revirement de tendance sur les questions d’aide publique au développement (APD).

L’aide publique au développement, ou APD, est un outils financier de solidarité internationale au profit des pays moins favorisés, réglementé internationalement par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE). La gestion des APD relève d’une grande importance dans le développement international et possède en ce sens un rôle diplomatique fort.

Une augmentation de l’APD prévue à 0.55% en 2022

Le 8 février dernier, successivement à la réunion du Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement (CICID), le gouvernement a annoncé son plan d’action pour réussir à atteindre les promesses de campagne d’Emmanuel Macron. En effet, le candidat Macron avait alors fait de la revalorisation de l’APD un de ses cheval de bataille, promettant d’augmenter la part de la France en terme de solidarité internationale à 0,55% du revenu national brut (RNB), soit environ 6 milliard d’euros supplémentaires. Ainsi, renversant la tendance de plusieurs années d’éloignement de la France de ces objectifs, le Premier Ministre Édouard Philippe a promis une stabilisation préalable des APD à 0,44% en 2018 et 2019, puis une hausse à 0,47% en 2020, 0,51% en 2021 et enfin 0,55% en 2022. Cette décision fait suite à l’engagement de l’ensemble des pays industrialisés de porter à 0,7% leur richesse nationale au développement des pays moins favorisés.

L’aide sera redirigée principalement vers les PMA en Afrique

En ce qui concerne les autres décisions stratégiques qu’apportent cet événement, ce rapport promet un ciblage plus accentué sur les Pays Moins Développés (PMA) de l’Afrique, région du monde jugée jusqu’alors moins prioritaire, la France préférant être d’avantage attentive aux pays d’Asie*. Parmi les priorités qui seront données en matière d’aide, les thématiques d’égalité homme-femme et l’éducation seront mises en avant, afin de respecter les Objectifs de Développement Durable (ODD) mis en place par l’ONU.. Selon Hubert Julien-Laferriere, rapporteur du budget de l’APD à l’Assemblée nationale : « Aujourd’hui les principaux bénéficiaires ne sont pas du tout les pays du Sahel et il faut que ça change. Ce sera le cas dès l’année prochaine ».

Plusieurs organisations internationales se sont dès lors exprimées sur le sujet*. Bien que ce revirement de tendance soit salué, celles-ci regrettent sa véritable mise en place seulement en 2020.

Plus d’informations : Relevé des conclusions du CICID

* Communiqué de presse de Coordination Sud et Déclaration presse conjointe des ONG Action Santé Mondiale, CARE France, ONE, Oxfam France et Printemps Solidaire

 

Culture@Work Africa: de nouvelles opportunités pour renforcer la cohésion sociale dans les villes africaines

20 avril 2018

Des appels à projet à venir

Le programme Culture@Work Africa prévoit le lancement de deux appels à projet sur les thématiques du dialogue interculturel et de la diversité culturelle au sein des zones urbaines en Afrique. Une cinquantaine de projets innovants seront sélectionnés et pourront bénéficier de financements d’un montant total de 60 000€ pour chaque projet. Le programme est ouvert aux acteurs culturels publics et privés, aux gouvernements locaux et aux organismes associatifs.

Crédit photo: Donia Maher

Qui sera concerné, et dans quel but ?

Culture@Work Africa souhaite inciter à la création de projets promouvant le renforcement de la cohésion sociale au sein des villes africaines, dont le taux d’urbanisme ne cesse de croître depuis plusieurs années, fragilisant de ce fait l’interaction des différents groupes socioculturels. Ces appels à projet, co-financés par l’Union Européenne, visent donc à soutenir le développement culturel et social ainsi qu’à harmoniser les zones urbaines et périurbaines de quinze pays du continent africain que sont respectivement le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo, le Kenya, le Mali, le Niger,  le Nigéria, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, le Togo, l’ Ouganda et le Zimbabwe.

Ce programme s’inscrit dans la volonté de l’Union Africaine et de ses partenaires européens de voir s’élever une Afrique « intégrée, prospère et paisible, conduite par ses citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale. »

Culture et Développement ainsi que sept autres acteurs culturels participent à la réalisation et l’organisation de ce programme. Les organismes Interarts, Arterial Network,  le Centre BOZAR,  le Centre régional des arts vivants en Afrique, le fonds pour la culture du Zimbabwe, le Conseil International de la Musique et le Comité Culture de  Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) feront partie de l’aventure à nos côtés.

Le programme complet de Culture@Work Africa sera dévoilé sur le site du programme en mai prochain, restez connectés !